le journal qui s'affiche sur les murs...
de ton ordinateur !

Retour à l'accueil.


Bon film ou navet ? Les envoyés spéciaux de Net-Affiche vous racontent les dernières sorties en salle.


En toute modestie, quelques avis sur l'actualité musicale. Qui a dit que les murs n'avaient pas d'oreille ?


Voici ce que nous avons sur notre table de chevet. Des livres et magazines pour ceux qui n'ont pas sommeil


Le reportage du mois, pour voir la ville sous un autre angle


Un point de vue, des opinions à faire valoir ? Pour ouvrir sa gueule tout en restant poli...


La B.D loufoque de P'titdav. Déjà des millions d'adeptes dans le monde entier...


Retour à l'accueil.

Moustiques 
                                                                                                             Par Gustavo

     Depuis mon arrivée sur Lyon, j'ai le sommeil plutôt facile. Malgré les cris de veau de quelques jeunes remplis de bière comme une barrique (ou plusieurs), je m'endors comme un bébé, ma bouche à peine entrouverte laissant voir mes adorables petites quenottes. Il faut dire, j'ai un rituel, et chacune de ses étapes doit être suivie minutieusement : je regarde mes plantes une par une, caresse une dernière fois mon chat, crie "bonne nuit!" à ce qui me sert de colocataire avant de me glisser lestement dans mes draps. Un coup de marchand de sable et hop !, fermez la boutique et éteignez les lumières. Rideau.

     Mes nuits semblent belles, n'est-ce pas ? Elles le seraient assurément s'il n'y avait, tapis dans l'ombre et  n'attendant qu'une occasion pour se jeter sur moi, des êtres malfaisants assoiffés de sang, des moustiques. Je dirai même des putains de moustiques, si toutefois on me passe l'expression. Cette satanée engeance sait se faire oublier pour mieux frapper : elle me pique et me repique au front, aux mains, sur toutes les extrémités de mon corps qui auraient la mauvaise idée de dépasser des couvertures. 

      Je me réveille violemment, en me demandant ce qui a bien pu interrompre mon tête-à-tête avec Marie Gillain. J'entends alors le bruit, ténu, insidieux, ce "bzzbzz" presque familier qui caractérise mon agresseur, comme une signature. C'est un ricanement, un défi lancé par l'insecte moqueur à l'homme endormi. "Alors, pauvre naïf, tu croyais vraiment pouvoir te la couler douce dans les bras de Morphée ? C'était sans compter sur moi et mon appétit de suceur de sang, bzz bzz", minaude cet avorton ailé.
     Je scrute vainement les ténèbres, tendant l'oreille avec anxiété. Où peut-il se cacher ? Il est là, pourtant, je le sais. Feignant le sommeil pour tromper l'adversaire, je claque brusquement des mains en direction du vrombissement, au hasard. Silence. Je dois l'avoir eu, pour le coup. Soulagement. Je vais enfin pouvoir reprendre les choses là où je les ai laissées. Tu me disais quoi tout à l'heure, Marie..?

Bzz Bzz bzz. Et bzz.

     Le petit salaud ! Si c'est la guerre qu'il veut, il l'aura ! J'allume brusquement la lumière pour aveugler cette vermine et la surprendre, mais rate totalement mon coup. Ou plutôt, je le réussis si bien que je n'y vois plus moi-même, des taches blanches dansant devant mes yeux en une joyeuse farandole. Après un court instant où je tente de récupérer la vue, j'arrive enfin à scruter les murs, à la recherche d'un point noir qui ne serait pas une bourre de poussière. Rien. Je me lève. Il faut me voir, nu comme un ver et le cheveu en bataille, parcourir les quatre coins de ma chambre le nez contre la cloison ! J'en rirais si je n'étais pas tendu comme un piquet.
     Là !! Le voilà, ce suppôt de satan, cet brimborion qui digère son crime en toute impunité ! Me munissant de ma plus belle pantoufle (celle avec une semelle bien rigide, héhé), je m'approche à pas de loups de l'animal, le bras tendu comme une catapulte, prêt à exécuter la sentence vengeresse. Je sais que mon geste doit être vif et précis, et retiens ma respiration. Il s'agit de ne pas se manquer... 

*** bref intermède de violence ***

     Ça y est, c'est fait. Ma proie gît stupidement collée au mur, méconnaissable. Je la laisse dans cette piètre position pour la nuit, ça dissuadera peut-être ses petits frères de venir casser la croûte sur Bibi. Je regagne mon lit, un vague sourire aux lèvres, et rentre dans mes couvertures qui me portent en triomphe. Doucement, les filles... Il faut se calmer, la nuit est encore longue...
 Je ferme les yeux et savoure le calme. Jusqu'à la prochaine piqûre.
 

Retour à l'accueil